À 24 et 23 ans, Gorka et Johan Sorozabal viennent de remporter le Gant d’or de Biarritz. Un rêve devenu réalité pour les frangins du Biarritz Athletic Club qui ont quasiment grandi dans le jai alai. C’est d’ailleurs là-bas qu’ils nous ont accueillis pour répondre à nos questions.
Que représente le titre du Gant d’or pour vous ?
Johan Sorozabal : C’est le titre qu’on voulait depuis qu’on est tout petit. C’est celui qui nous a fait rêver, qui nous a poussés à nous entraîner pour un jour essayer d’y arriver. On a réalisé un rêve.
Gorka Sorozabal : Oui, c’est vraiment la réalisation d’un rêve. C’est la compétition que l’on suivait quand on était petits. On venait tous les étés voir les plus grands joueurs, cela nous mettait des étoiles dans les yeux. Pour ma part, c’était le seul titre qui me manquait en France, je voulais à tout prix aller le chercher.
Comment avez-vous commencé la pelote ?
G.S : Notre père est un ancien professionnel, il a joué pendant quatorze ans aux États-Unis. On allait le voir sur les frontons, cela parlait tout le temps de pelote à la maison, il entraînait des jeunes du club. Nous aussi on a voulu essayer, on a toujours été baigné dedans, cela a été assez naturel.
J.S : J’ai commencé à six ans et Gorka à sept ans. Comme il l’a dit, c’est tout naturellement qu’on a pris le gant pour jouer.
G.S : La sélection naturelle nous a permis de jouer ensemble. Johan était plus rapide et plus fin, il courait partout devant et moi j’étais un peu plus lourd, j’avais un peu plus de force donc Johan est allé devant et moi derrière.
Quelle est votre routine pour rester à votre meilleur niveau ?
G.S : Tout au long de l’année on s’entraîne quatre fois par semaine sur la kantxa et deux ou trois fois physiquement. L’été, on a un rythme de partie très élevé donc on mise beaucoup sur la récupération et on fait moins d’entraînements.
J.S : Tout le travail se fait avant l’été. On bosse physiquement, on essaie de peaufiner notre jeu, de trouver des sensations et parfois de changer de gestuelle pour engranger de la confiance et essayer de bien performer l’été.
Comment vous organisez-vous entre la pelote et votre activité professionnelle ?
G.S : Je suis peintre en bâtiment pour Michaël Gonzalez. Je travaille environ six mois dans l’année. Mon patron me laisse partir trois mois à Dania l’hiver et l’été je ne travaille pas pour participer à la Summer League. J’ai de la chance. Quand je travaille, je programme mes entraînements après le boulot.
J.S : Cette année, je n’étais pas parti à Dania pour aller à la fac de Bayonne pour faire de la comptabilité mais finalement cela ne m’a pas plu. Pour le moment, je me concentre sur la pelote, je vais partir cet hiver à Dania.
Quels sont vos objectifs dans les mois à venir ?
G.S : On va enchaîner avec le Final Four à Saint-Sébastien, mi-septembre. Les quatre meilleurs mondiaux de la Jai Alai League s’affrontent. On aura aussi le championnat de France.
J.S : En 2026, il y aura les championnats du monde en Argentine. Si on peut performer là-bas et pourquoi pas remporter le titre, ce serait magnifique.
Que pensez-vous de l’intégration des féminines dans les compétitions officielles ?
G.S : C’est très important et c’est normal. Comme dans tous les sports, je ne vois pas pourquoi la pelote ne pourrait pas intégrer les féminines. Elles ont heureusement leur place. Cela fait évoluer le sport. Pour l’instant les Espagnoles et les Basques dominent. On va pousser à bloc nos Françaises.
J.S : Je pense qu’on était le dernier sport où il n’y avait pas de femmes. À Saint-Jean-de-Luz, la finale était sympa. Ces joueuses vont inspirer la nouvelle génération et j’espère leur donner envie de faire pareil.
Quel conseil donneriez-vous à un jeune joueur ou une jeune joueuse qui souhaite devenir professionnel(le) à cesta punta ?
G.S : De s’entraîner. C’est ça le secret. Partir aux États-Unis, à Dania, nous a fait énormément progresser parce que tous les jours on s’entraînait avant chaque partie.
J.S : C’est un sport très technique, cela ne tombe pas du ciel. Ce sont des gestes à répéter qui deviennent un automatisme.