Manu Martiarena, un des entraîneurs de l’équipe de France de main nue nous en dit plus sur la préparation des joueurs pour les Championnats du monde de Barcelone. Il espère ramener un titre en deux à deux et en tête à tête.

 

Comment les joueurs ont-ils été sélectionnés ?

Manu Martiarena : J’ai été sollicité par la DTN et par Lilou Echeverria pour ce poste d’entraîneur. On est deux avec Alain Héguiabéhère. La sélection s’est faite un peu naturellement en piochant dans les meilleurs joueurs du moment. On ne pouvait pas se tromper de beaucoup en prenant les indépendants puisque depuis quelques années la formule des Championnats du monde est ouverte aux pros. On va dire que la sélection s’est faite plus sur le papier que sur le terrain. La formule permet de sélectionner cinq ou six joueurs. Avec la Fédération, pour une question tactique et pratique on a choisi cinq joueurs. Le fait de prendre cinq joueurs nous permet de pouvoir mettre un joueur en deux à deux et en tête à tête. Cela permet de jongler avec un joueur qui peut faire les parties moins importantes et garder à priori le titulaire pour faire la partie importante.

Comment vont-ils se préparer jusqu’en octobre ?

M.M : La main nue est un cas un peu particulier. Les joueurs jouent beaucoup dans le cadre des tournois qu’ils ont toute l’année. En accord avec la Fédération, il a été dit que les joueurs pouvaient jouer toutes ces parties là. On connaît ces pilotari pour leurs qualités sportives mais aussi leur professionnalisme au point de vue de la préparation. Il a été préférable de les laisser continuer à s’entraîner comme ils le font chacun de leur côté, sachant qu’ils ont leurs habitudes, certains ont leurs entraîneurs. On va faire le point aux portes des Championnats du monde. Il y a deux tournois, Garindein et Saint-Palais, qui vont faire le tournoi sans filet du fond, avec des caractéristiques qui vont nous aider pour la préparation des Championnats du monde. On va essayer surtout de créer un esprit d’équipe. Il va falloir que les joueurs se reposent un peu et qu’ils soient remotivés pour les Championnats du monde. Ce sont des joueurs qui ont accepté le challenge et qui sont à fond pour ces championnats.

Une préparation à Barcelone est-elle prévue ?

M.M : On va faire un aller-retour à Barcelone pour s’entraîner ce week-end. Les cinq joueurs et moi-même allons voir l’installation et s’entraîner sur l’aire de jeu que l’on ne connaît pas.

Quelles sont les spécificités du jeu en trinquet argentin ?

M.M : Il n’y en n’a pas tant que cela si ce n’est qu’il n’y a pas de filet du fond. C’est certainement plus compliqué de rentrer des buts. Mais j’aurais tendance à dire qu’il est plus facile de jouer dans un trinquet argentin que dans un trinquet normal dans la mesure où il n’y a pas le filet du fond à défendre. Sportivement c’est peut-être un peu plus facile, mais si ça l’est pour nous, ça l’est aussi pour l’adversaire. À part que les deux oreilles sont bonnes au-dessus de la ligne à droite et à gauche, il n’y a pas grand-chose de différent. C’est un règlement international, il faut s’adapter. On y va pour gagner et avec un esprit d’équipe de France avec les autres spécialités. Le but est de ramener un maximum de médailles d’or.

Qui jouera en individuel ? Et par équipes ?

M.M : On le sait plus ou moins. Aujourd’hui, rien n’est établi, c’est-à-dire qu’avec Alain, on a décidé mais on attend de voir la fin de la saison d’été, voir dans quel état de forme les joueurs vont être. Cela va se décider au dernier moment, comme nos adversaires qui n’annoncent rien du tout. Cela fera partie de la tactique de ne rien dire. J’y vais avec un état d’esprit où je pense que tout le monde va jouer au moins une partie.

Le titre est-il à la portée de la France en individuel et par équipes ?

M.M : Moi je vais là-bas pour ramener deux titres de champions du monde, autant en deux à deux qu’en tête à tête. C’est clair. On n’a pas le droit de passer à côté. Sportivement, bien entendu, il n’y a rien d’établi. Je pense que dans l’esprit des gens on est favori. Ce n’est jamais très bon d’être favori mais cela ne fait rien on y va et on va foncer pour gagner. Il faut toujours se méfier. Cuba nous a toujours habitué à sortir un joueur hors-normes de derrière les fagots. Les Mexicains et l’Espagne aussi. On n’a moins peur de la Bolivie mais le calendrier va être déterminent. S’il faut enchaîner les parties, il ne faudra pas se tromper dans le choix des joueurs, il faudra calculer.

Que représente un titre de champion du monde pour un pilotari ?

M.M : Je l’ai été en 1984 et en 1986. À l’époque c’était un peu différent. Un amateur, s’il était dans les meilleurs, avait la chance d’aller aux Championnats du monde. C’était déjà un beau voyage et une super aventure de jouer en équipe de France. Cela marque un titre de champion du monde. Cela ne peut faire que plaisir. Je crois que les cinq joueurs qui vont avec moi à Barcelone, ce sont cinq joueurs qui sont très titrés ici, qui jouent dans le haut du panier. S’ils ramènent le titre de champion du monde c’est la cerise sur le gâteau, c’est quelque chose qui va rester ancrer dans leur mémoire. Ils pourront en parler à leurs enfants et leurs petits-enfants.

Les joueurs vont-ils recevoir une prime pour participer à ces championnats ?

M.M : Ils ont accepté de venir aux Championnats du monde et en contre-partie ils n’auront rien du tout. Le président de la Fédération a précisé qu’il y aurait peut-être une prime à la médaille d’or en fonction d’un budget qu’il ne connaît pas et en fonction du nombre de médailles d’or. Il faut aussi noter que ce sont des joueurs qui ne viennent pas pour l’argent, ils viennent pour l’honneur de représenter l’équipe de France. Chapeau à eux.

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