A 33 ans, Julien Arbeletche a remporté il y a peu son quatrième titre de champion de France amateur en main nue place libre. Le quatrième d’affilée. Un palmarès auquel il ne s’attendait pas au vue de ses résultats en junior.

La pelote, comme beaucoup, il y a joué tout petit. Vers 7-8 ans. Avec les copains. Licencié au club d’Irissarry, il jouait en parallèle au hand. C’est vers 13-14 ans qu’il a finalement choisi la pelote et pourtant il avait de quoi être dégoûté : “je n’ai pas choisi la pelote à cause de mes résultats, confie Julien Arbeletche. On ne prenait que des raclés mais je préférais ça”.

Alors que tous ses copains partaient au hand, il a continué la pelote avec un autre ami, Xabi Couillet, jusqu’en junior. “On n’avait pas de grandes ambitions, s’était surtout pour se retrouver, jouer ensemble. On gagnait rarement”. Aujourd’hui, Julien Arbeletche a un palmarès bien rempli : quatre fois champion de France amateur en place libre 1re série, trois fois champion du Pays Basque en place libre 1re série, une fois champion de France amateur en trinquet deux à deux 1re série et deux fois champion du Pays Basque en trinquet deux à deux 1re série. “Aujourd’hui je me dis qu’il faut toujours persévérer même si à l’époque je n’y croyais pas”, confie-t-il.

S’il joue aussi bien en trinquet qu’en fronton, il a tout de même plus de facilités en fronton, comme il le souligne : “en trinquet, si on a une faiblesse, c’est un danger si on ne l’améliore pas. Il faut se déplacer plus vite et taper latéralement. Je m’oblige à le faire mais je ne me suis pas assez entraîné”. En fronton, il a appris à devenir patient, à se calmer comme il le dit, grâce à un autre joueur de dix ans son aîné : Roger Etchevers. “A l’époque je n’avais pas le permis, il venait me chercher chez moi et m’emmenait faire les tournois d’été avec lui, se souvient-il. Il m’a inculqué l’esprit de compétition”.

En trinquet, après avoir joué avec Nicolas Betbeder pendant deux ans en 2e série, il a rencontré René Muscarditz qui lui a proposé de jouer avec lui en 1re série : “j’en ai parlé avec Nicolas qui a tout à fait compris”, se rappelle Julien Arbeletche. Un autre mentor pour le joueur d’Irissarry : “j’ai vécu des choses extraordinaires avec René, c’est une personne formidable et hyper simple malgré son palmarès”.

“Je n’avais pas assez confiance en moi et dans mon jeu”

A 33 ans, il a toujours joué en amateur et n’a jamais fait sa demande pour passer indépendant. Après son titre en trinquet avec René Muscarditz, il aurait pu le faire mais s’est abstenu : “je pense que je n’avais pas assez confiance en moi et dans mon jeu. Je ne me sentais pas capable de mettre les bouchées doubles pour rivaliser avec les autres”. Car pour le pilotari d’Irissarry qui vit maintenant à Bidart “quitte à passer indépendant c’était pour jouer les premiers rôles, pas pour être dans le deuxième voire troisième niveau”. Un choix qu’il ne regrette pas. D’autant plus qu’il est très attaché à son club pour lequel il a quasiment toujours joué. “Une seule fois j’ai fait une extension pour jouer avec Sylvain Dufourcq avec le club de Villefranque”, précise-t-il. Une infidélité qui n’aura duré qu’un an.

En parallèle de la pelote, Julien Arbeletche a obtenu un BTS aménagements paysagés à Pau. Pendant onze ans, il a travaillé chez Lafitte Paysage à Mendionde. Un métier qui ne lui permettait pas forcément de se libérer pour jouer les parties. “C’était compliqué, j’avais souvent la boule au ventre d’arriver en retard aux parties car je ne pouvais pas me permettre de prendre des journées entières”, détaille-t-il. Aujourd’hui, ce n’est plus un souci puisqu’il s’est installé à son compte depuis octobre 2016.

Passionné par la pelote, il a contaminé sa famille qui le suit à beaucoup de parties : ses parents et sa sœur en tête de peloton. Sa compagne, Fanny, vient aussi quand il y a des finales : “au bout de sept ans, elle commence à me demander si je gagne ou si je perds mais elle ne sait toujours pas ce qu’est un filet direct”, sourit-il. Mais qu’importe, à la maison, il n’aime pas trop parler pelote avant une partie. Il se souvient encore de la première fois qu’elle est venue le voir : “c’était en finale tête à tête en trinquet 2e série face à Baptiste Ducassou. J’ai perdu 40-12. Mes potes me charrient encore aujourd’hui parce que 12 c’était le prix de l’entrée”, rit-il. Maintenant, Julien Arbeletche se concentre sur le championnat du Pays Basque en trinquet deux à deux qui devrait commencer en octobre prochain. Il jouera aux côtés de David Etcheto en 1re série.

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