L’affaire n’en finit plus de faire parler. Le Trinquet du Golf de Biarritz est sur le point d’être vendu à un promoteur immobilier. Un collectif a été créé pour empêcher cette vente.

Pour les propriétaires du Trinquet du Golf à Biarritz, il s’agit là d’une affaire privée. Pour le collectif Gardons nos frontons, il s’agit de l’intérêt général. Au milieu de ce débat, la vente du trinquet à un promoteur immobilier. “Un trinquet, c’est un outil pour tous. C’est insupportable pour nous de voir le trinquet changer de vocation”, insiste Beñat Etcheverry, porte-parole du collectif Gardons nos frontons.

Une pétition a d’ailleurs été lancée pour interpeller la mairie et faire barrage à cette vente. A l’heure où nous écrivons ces lignes, elle a déjà récolté plus de 2 100 signatures. Le porte-parole espère en avoir 3 000. “Nous voulons organiser une réunion publique rapidement”, précise-t-il. Une association a également été créée pour gérer l’aspect juridique et s’opposer au permis de construire quand il y en aura un. A l’heure actuelle, seul un compromis de vente a été signé entre le promoteur et les propriétaires.

Des propriétaires, Rachel et Jean-Pierre Inchaurraga, agacés par la situation. “On a pu comprendre leur position mais là ça devient de la folie. Il s’agit d’un bien privé. La pelote est malade et les trinquets se vident”, assène Jean-Pierre Inchaurraga.

Le collectif Gardons nos frontons assurent que plusieurs personnes seraient intéressées de reprendre le trinquet qui date de 1932. Contre-vérité, dit Jean-Pierre Inchaurraga : “il y a trois ans, on a cherché un repreneur. On a eu des pistes mais la solution était de créer un restaurant avec le trinquet. Les éventuels repreneurs ont reculé car les dépenses à engager étaient trop importantes”. Il souligne de plus que la façade extérieure du trinquet ne sera pas détruite, seul l’intérieur sera réaménagé en huit appartements.

Mais le fond du problème pour le collectif Gardons nos frontons n’est pas la façade mais bien ce qui sera fait de ce trinquet. “Si on supprime les trinquets, on supprime un pan de la pelote en Iparralde, souligne Beñat Etcheverry. Au Pays Basque, beaucoup de spéculation pourrait se faire autour de ce type de bien car il y a beaucoup de trinquets privés”. Pour Jean-Pierre Inchaurraga, pas de spéculation immobilière en vue : “on veut tout simplement prendre notre retraite après 40 ans de bons et loyaux services”. Il ajoute également qu’il a le “soutien de la mairie de Biarritz”.

“C’est dommage qu’on abandonne cette aire de jeu”

Du côté du collectif Gardons nos frontons, des personnalités de la pelote apportent leur soutien comme Xavier Cazaubon, président de la Fédération internationale de pelote basque ou encore Lilou Etcheverria, président de la Fédération française de pelote basque. “C’est dommage qu’on abandonne cette aire de jeu pour en faire des logements. Ça me chagrine”, confie-t-il, avant d’ajouter : “je pense qu’il y a d’autres solutions. Des personnes qui aiment la pelote seraient intéressées de reprendre le trinquet”. Le président de la FFPB doit d’ailleurs rencontrer le propriétaire ce lundi.

Ce n’est pas la première fois qu’un trinquet est sur le point d’être vendu. Le Trinquet Saint-Martin à Biarritz avait connu pareille histoire. A l’époque, le maire de Biarritz Jean Borotra avait négocié avec le promoteur immobilier et le trinquet avait été sauvé.

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